Accueil du site > Alerte et Plaidoyer > Malgré les réticences du gouvernement congolais, l’ONU exige une enquête sur (...)

Violations massives des droits de l’homme en RDCongo

Malgré les réticences du gouvernement congolais, l’ONU exige une enquête sur les 42 fosses communes découvertes au Kasai.

Par FAUSTIN MBUSA, 11 juin 2017

La vie des congolais a-t-elle encore de la valeur ? Des charniers, des viols, des exécutions sommaires et extra-judiciaires, des massacres à répétition, ces forfaits commis autant par les forces de l’ordre que des milices armés, se banalisent si bien que l’impunité semble passer pour l’unique sanction. La justice congolaise qui ne sait déjà pas suivre les petites affaires du quotidien, a du mal à poursuivre les délinquants en se déclarant tantôt incompétente pour certains cas ou acquittant simplement des hauts gradés à défaut de les décorer alors qu’il pèse sur eux de lourds soupçons des violations massives des droits de l’homme. Tel est le cas du général John Numbi, dont l’élévation dans l’ordre des héros nationaux a choqué plus d’un congolais alors que ce dernier est lourdement soupçonné dans l’assassinat de Floribert Chebeya, le feu secrétaire exécutif de la Voix des Sans Voix. Plus grave, même l’assassinat dans des conditions ténébreuses de deux experts de l’ONU, qui voulaient en savoir plus sur l’étendu des massacres du Kasai, ne semble pas émouvoir les autorités congolaises. Bien au contraire, frisant l’obstruction à l’enquête de l’ONU sur la situation, le gouvernement congolais dit devoir garder la main sur toute forme d’enquête sur les violations massives des droits de l’homme sur son territoire, souveraineté oblige. Qu’a-t-il donc à cacher derrière la souveraineté ?

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, appelle le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à mener une enquête internationale sur les violations graves des droits humains survenues dans les provinces du Kasai Central et du Kasai Oriental. Dans un communiqué publié le vendredi 09 juin, cette enquête portera essentiellement sur les 42 fosses communes découvertes ces derniers mois dans cette province.

Le même document émanant du bureau de M. Zeid Ra’ad Al Hussein, haut Commisaire des Nations Unie aux droits de l’Homme, indique qu’il en existerait d’autres charniers. Selon les informations recueillies par le Bureau Conjoint des Nations pour les Droits de l’homme, des soldats des Forces Armées de la République Démocratique du Congo(FARDC), auraient creusé plusieurs tombes après des affrontements avec des éléments présumés de la milice Kamwina Nsapu au cours de ces derniers mois.

Plusieurs charniers, deux experts de l’ONU assassinés, plus de 1,3 million de déplacés au Kasai : Kinshasa traîne les pieds pour faciliter l’enquête.

Le haut Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU estime que Kinshasa n’enquête pas sérieusement sur les violences massives qui se déroulent au Kasai. Selon le haut fonctionnaire de l’ONU, "l’étendue et la nature de ces violations et les réponses constamment inadéquates des autorités locales m’obligent à demander une enquête internationale pour compléter les efforts nationaux".

Ces violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers congolais depuis septembre 2016, ont causé la mort de plus de 400 personnes et plusieurs disparus selon des rapports provisoires. Parmi ces victimes, deux enquêteurs de l’ONU, Mme Zaida catalan et Michael Sharp, assassinés au mois de mars dernier en cherchant à savoir un peu plus sur l’existence des charniers attribués aux militaires congolais. Cette situation a également provoqué le déplacement de 1,3 million de personnes dont une partie s’est réfugiée en Angola.

L’ONU pour une diligente enquête sur les massacres au Kasai : "on ne donne pas d’ultimatum à un Etat souverain" rétorque Kinshasa.

Le Bureau des Droits de l’homme des Nations Unies attendaient jusqu’au 08 juin des réponses appropriées du gouvernement congolais concernant une enquête conjointe sur les massacres du Kasai. La réplique de la Ministre des Droits Humains, Mme Marie ange Mushobekwa était cinglante : " on ne donne pas d’ultimatum à un gouvernement souverain".

Décidé à garder la direction de toutes les enquêtes sur les violences meurtrières qui secouent le centre de la RDCongo, le gouvernement n’entend pas laisser libre cour aux enquêteurs de l’ONU." Pour ce qui concerne les violences enregistrées dans les provinces du grand Kasai, y compris l’assassinat de deux experts de l’ONU et des policiers décapités par les Kamwina Nsapu, la justice congolaise va garder la direction des enquêtes", a déclaré à l’AFP, Marie Ange Mushobekwa, le jeudi 08 juin.

Le GLPIC invite les autorités congolaises ainsi que le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme de tout mettre en oeuvre afin de mettre fin aux violences dans les provinces du Kasai. Il appelle les protagonistes à diligenter une enquête internationale indépendante afin d’établir les responsabilités pour ainsi mettre fin à l’impunité et par respect à la mémoire des victimes.

Posted by Faustin Mbusa

GLPIC, Advocacy Officer.

Répondre à cet article